Repérée sur TikTok et formée par une agence congolaise, Ketsia Chelsea Yoka, mannequin originaire de Pointe-Noire, a défilé pour Prada, Gucci, Saint Laurent et Valentino pendant la saison printemps-été 2027, à Milan et à Paris. Quatorze mois après avoir quitté le quartier de Ngoyo pour Londres, elle figure parmi les nouveaux visages de la saison distingués par le principal site de référence du mannequinat.
Le départ date du 9 août 2025. Ce jour-là, Ketsia Chelsea Yoka quitte Pointe-Noire, où elle a grandi à Ngoyo, dans le cinquième arrondissement, pour travailler à Londres. Son agence londonienne, PRM, résume son entrée dans le métier en une phrase : son parcours de mannequin a commencé « de façon inattendue sur TikTok », avant de la mener vers Paris et Milan. Elle y figure dans la division « development », celle des jeunes profils que l’agence fait monter. À Paris, elle est représentée par Select Model Management, qui lui donne 1,78 m. Elle a aussi une agence à Milan, Wave Management, et une à Lagos, ISIS Models.
La saison qui l’a révélée s’est jouée en deux semaines. Prada le 22 septembre 2026, Gucci le 25, Saint Laurent le 29, Acne Studios le 30, Carven le 1er octobre, Valentino le 4. Chez Prada, elle défilait pour la collection de Miuccia Prada et Raf Simons ; chez Gucci, pour celle de Demna, directeur artistique de la maison depuis 2025. L’été précédent, elle était déjà passée par le défilé haute couture automne-hiver 2026 de Dior, en juillet à Paris. Le 13 octobre, Models.com l’a retenue dans sa liste des meilleurs nouveaux visages de la saison printemps-été 2027. Le même site la crédite aussi sur la campagne de fêtes de Gucci, publiée le 2 novembre.
Avant les agences étrangères, il y a eu une structure congolaise. Ketsia Chelsea Yoka a été repérée et formée par Lena Models Academy, puis prise en charge par Lena Management, qui la relie aux agences internationales. Lena est une plateforme lancée le 15 juin 2024, dont l’académie s’occupe du mannequinat. Elle est dirigée par Helena Kiss Moundaya, qui avait fondé dès 2014 Dream’s Agency Congo, une agence de placement de mannequins.
À l’été 2025, dans Les Dépêches de Brazzaville, Helena Kiss Moundaya décrivait un métier « souvent méprisé ou mal compris » au Congo, et la méthode de son agence : « Nous ne vendons pas seulement du rêve, nous préparons aussi nos mannequins à affronter les exigences du marché mondial du travail. » Ses mannequins sont liés aux agences étrangères par un contrat de représentation. Elle ajoutait que « le talent congolais est réel et peut éblouir même au plus haut des sommets ». Quatorze mois plus tard, la saison de sa mannequin lui donne des arguments.
Le parcours dit une chose concrète sur ce métier. Une agence congolaise peut repérer un profil, le former et le placer en un peu plus d’un an dans les castings des grandes maisons de Milan et de Paris. C’est le relais que Helena Kiss Moundaya construit depuis plus de dix ans, et pour lequel Lena appelait en 2025 sponsors et partenaires à la soutenir.
Pour une nouvelle venue, la suite se lit dans les castings de février et de mars, quand Milan et Paris présenteront les collections automne-hiver 2027. Les maisons qui l’ont fait défiler cette saison diront si elles la rappellent. C’est le signe le plus sûr qu’un visage s’installe.
Œil d’Afrique





































