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Congo-Brazzaville : Le CNR du pasteur Ntoumi dit qu’un drone a tué un enfant à Mounkala

Dans le département du Pool, le Conseil national des républicains (CNR) du pasteur Ntoumi affirme qu’un drone a explosé le 2 octobre sur le site de son président à Mounkala, tuant un enfant de 12 ans et blessant gravement sa mère. Le gouvernement congolais, dans un communiqué publié le 8 octobre, décrit un autre incident au même endroit, le 7 octobre, conclut qu’il n’a fait « ni mort ni blessé » et ne mentionne pas de drone.

Frédéric Bintsamou, dit pasteur Ntoumi, président du CNR, photographié en 2007 dans le Pool au Congo-Brazzaville
Africa1979 · CC BY-SA 3.0

Dans le département du Pool, le Conseil national des républicains (CNR) du pasteur Ntoumi affirme qu’un drone a explosé le 2 octobre sur le site de son président à Mounkala, tuant un enfant de 12 ans et blessant gravement sa mère. Le gouvernement congolais, dans un communiqué publié le 8 octobre, décrit un autre incident au même endroit, le 7 octobre, conclut qu’il n’a fait « ni mort ni blessé » et ne mentionne pas de drone.

Mounkala est un village du district de Mayama, dans le Pool. Frédéric Bintsamou, dit pasteur Ntoumi, ancien chef des miliciens Ninjas devenu président du CNR, y a l’un de ses sites. En moins de deux semaines, le lieu est devenu l’objet de deux récits officiels qui ne se recoupent presque sur rien.

Le premier vient du CNR. Dans un communiqué daté du 7 octobre et signé de son secrétaire général adjoint, Rodriguez Mayala, le parti écrit que « le vendredi dernier », un drone kamikaze a explosé dans le site de son président à Mounkala. Le texte évoque un enfant de 12 ans tué et sa mère grièvement blessée, sans donner leurs noms. Le CNR rappelle que de janvier à février 2026, ses sites de Mounkala et de Mihété, dans le district de Vindza, avaient déjà été bombardés, et que plusieurs obus n’ont pas explosé. Il dit avoir alerté le gouvernement sur ces engins et déplore une interpellation « restée lettre morte ». Il condamne un « attentat sur la personne de son président » et demande une commission d’enquête « en vue de rétablir les responsabilités ».

Le parti accuse aussi des éléments de la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) d’avoir investi son site, tiré à balles réelles et incendié des véhicules.

Le second récit est celui du gouvernement. Selon son communiqué, le mercredi 7 octobre, une unité de la DGSP venue de Brazzaville et en route vers Mindouli pour une relève a repéré, à hauteur de Mounkala, trois hommes en tenue civile portant ostensiblement des armes de guerre, « deux PMAK et un fusil mitrailleur ». Les trois hommes se sont enfuis vers la concession du pasteur Ntoumi en abandonnant leur véhicule, que les agents de la DGSP ont ensuite incendié. « Aucun échange de tirs n’a été enregistré durant cet incident, hormis quelques coups de sommation en l’air », affirme le texte, qui ne nomme pas les trois hommes et ne dit pas s’ils ont été retrouvés.

Les deux versions se rejoignent sur un point : le véhicule brûlé. Elles divergent sur tout le reste. Le gouvernement parle d’un seul véhicule abandonné par des hommes armés, le CNR de véhicules incendiés sur son site après des tirs. Le communiqué officiel ne dit rien du drone ni de l’enfant.

Les deux textes reviennent aussi sur le péage de Mindouli. Le CNR raconte que le 26 septembre, à 8 h 30, son président s’y est présenté après avoir prévenu le préfet du Pool, pour constater l’état de ses véhicules stationnés dans la localité. Le chef de poste n’a laissé passer que sa voiture, sans le reste du cortège. Le CNR y voit une « violation flagrante de la libre circulation des personnes et des biens » et dit que le cortège a rebroussé chemin pour éviter toute confrontation. Le gouvernement décrit la même scène autrement : le pasteur Ntoumi voyageait dans un véhicule transportant des armes de guerre « ostensiblement visibles », a refusé de les confier à la Force publique et a fait demi-tour, les agents ayant choisi de le laisser repartir par « retenue ».

Le gouvernement ajoute que cette retenue « ne saurait être interprétée comme une quelconque faiblesse de l’État » et rappelle que la détention et la circulation d’armes relèvent de règles qui s’appliquent à tous. Il se dit attaché à la préservation des « acquis de la paix » dans le Pool, un département qui a connu plusieurs crises armées.

La question des armes de l’entourage du pasteur Ntoumi reste ouverte, et c’est elle qui fait se croiser les deux récits. Publié au lendemain de celui du CNR, le communiqué du gouvernement ne répond pas à sa demande de commission d’enquête. Il se termine sur la volonté affichée de « préserver la paix, la sécurité et la stabilité » du pays.

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