Connect with us

Bonjour, que recherchez-vous ?

Oeil d'Afrique
Oeil d'AfriqueOeil d'Afrique

À la Une

Sénégal : Le patronat de la presse demande un plan de sauvetage

Le patronat de la presse sénégalaise a demandé un plan de sauvetage au Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, vendredi 16 octobre 2026 à la Primature, à Dakar. Devant le chef du gouvernement, Mamadou Ibra Kane, président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), a décrit un secteur « non plus en crise, mais en état de putréfaction ». Il réclame une audience restreinte sur les dettes fiscales des entreprises, l’argent que l’État leur doit et le tarif de la télévision numérique terrestre.

Façade de la Primature à Dakar, où le patronat de la presse sénégalaise a réclamé un plan de sauvetage le 16 octobre 2026
Bess Sadler · CC BY 2.0

Le patronat de la presse sénégalaise a demandé un plan de sauvetage au Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, vendredi 16 octobre 2026 à la Primature, à Dakar. Devant le chef du gouvernement, Mamadou Ibra Kane, président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), a décrit un secteur « non plus en crise, mais en état de putréfaction ». Il réclame une audience restreinte sur les dettes fiscales des entreprises, l’argent que l’État leur doit et le tarif de la télévision numérique terrestre.

La séance de travail réunissait toute la chaîne des médias. Bakary Sarr y représentait le ministère de tutelle. Le comité scientifique des Assises nationales des médias était présent, comme les syndicats de journalistes et de techniciens, le SYMPICS et la Convention des jeunes reporters du Sénégal, et les deux instances d’autorégulation de la profession, le CORED pour l’éthique et la déontologie, la CNCP pour la carte de presse. La note publiée par la Primature parle d’échanges « francs et constructifs ».

Le CDEPS est venu avec un bilan de six ans. Selon le patronat, les entreprises de presse ont perdu plus de 70 % de leur chiffre d’affaires après le Covid-19 sans accéder aux fonds de soutien. Il cite le blocage du Fonds d’appui et de développement de la presse de 2024, une répartition contestée de celui de 2025 et la résiliation unilatérale de contrats de publicité institutionnelle par l’État. Les conséquences sociales qu’il décrit sont lourdes : des titres fermés, des arriérés de salaires de plus d’un an, des licenciements économiques, des cotisations de retraite non versées et des travailleurs des médias privés de couverture médicale.

Mamadou Ibra Kane a salué la démarche d’ouverture du gouvernement. Pour le CDEPS, cette réunion ne peut pas tenir lieu de négociation. Le patronat veut un face-à-face technique avec le Premier ministre sur ces dossiers d’argent, dont la dette de l’État envers la presse privée. Il a aussi dénoncé l’absence, autour de la table, de l’association de la presse en ligne, l’APPEL, qui représente les sites d’information.

Les salariés ont porté leur propre version de la crise. Le SYMPICS et la Convention des jeunes reporters ont alerté sur la dégradation continue des conditions de travail des journalistes et des techniciens. Le CORED et la CNCP ont, eux, appelé à un assainissement des rangs de la profession pour lui rendre sa crédibilité.

La régulation est l’autre dossier ouvert. Le Bureau organisation et méthodes, chargé du recrutement, a présenté l’état d’avancement de la sélection des membres du Conseil national de régulation des médias, le CNRM. Les candidatures aux douze sièges du collège se sont closes le 5 octobre. Le CNRM doit remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel et étendre la régulation à la presse écrite, aux sites d’information et aux plateformes numériques. Ses membres seront nommés par décret, et la loi ne fixe aucun délai pour le faire.

Sur ce point, le patronat pose une condition. Le CDEPS exige une concertation avec les acteurs du secteur et la société civile avant toute nouvelle version d’un texte sur les médias. Il rappelle que la loi sur la régulation a été retoquée par le Conseil constitutionnel. Le 7 avril 2026, saisi par des députés, celui-ci en avait censuré une partie, jugeant disproportionnées la fermeture d’un journal ou d’un site en cas de récidive et celle des locaux.

Le Premier ministre a affirmé, selon la Primature, l’engagement de l’État à accompagner durablement le secteur vers la modernisation et la stabilité économique. La suite se jouera sur l’audience que réclame le patronat et sur le décret qui nommera le collège du CNRM, les deux choses que la presse sénégalaise attend désormais de l’État.

Œil d’Afrique

Lire aussi

À la Une

L'ancien président sénégalais Macky Sall a retiré, le samedi 17 octobre 2026, sa candidature au poste de secrétaire général de l'ONU. Sa déclaration, publiée...

À la Une

À Kaffrine, dans le centre du Sénégal, les agents du Conseil départemental ont observé un sit-in le mercredi 14 octobre, brassards rouges au bras....

À la Une

La rentrée scolaire au Sénégal a lieu ce lundi 12 octobre 2026, cinq jours après la date prévue, alors que des établissements restent inondés....

À la Une

Le village de Tomboronkoto, dans la région de Kédougou, doit être déplacé : l'or qui se trouve sous ses maisons doit prolonger la vie...