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Côte d’Ivoire : Le gendarme de la presse propose une « Journée des régulateurs »

Bakary Sanogo, président de l’Autorité nationale de la presse (ANP), veut faire connaître au public ce que font les régulateurs des médias ivoiriens. Reçu le mercredi 14 octobre 2026 à Abidjan par Pascal Brou Aka, président de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA), il a proposé d’instituer une « Journée des régulateurs ». L’ANP régule la presse écrite et numérique, la HACA les radios et les télévisions. En douze mois, la première a suspendu un site d’information le jour de l’élection présidentielle et un quotidien pour une fausse annonce de décès.

Unes de journaux ivoiriens, dont Fraternité Matin et Notre Voie, presse régulée par l'ANP en Côte d'Ivoire
Zenman · CC BY-SA 3.0

Bakary Sanogo, président de l’Autorité nationale de la presse (ANP), veut faire connaître au public ce que font les régulateurs des médias ivoiriens. Reçu le mercredi 14 octobre 2026 à Abidjan par Pascal Brou Aka, président de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA), il a proposé d’instituer une « Journée des régulateurs ». L’ANP régule la presse écrite et numérique, la HACA les radios et les télévisions. En douze mois, la première a suspendu un site d’information le jour de l’élection présidentielle et un quotidien pour une fausse annonce de décès.

Les deux présidents sont arrivés à la tête de leur institution à un jour d’intervalle. Pascal Brou Aka a succédé à Me René Bourgoin à la HACA le 7 juillet 2026. Bakary Sanogo a pris les commandes de l’ANP le lendemain, 8 juillet, en remplacement de Samba Koné, en vertu du décret n° 2026-431 du 30 juin 2026. Lui-même vient du métier qu’il régule désormais : il a été journaliste à Fraternité Matin et a collaboré au bureau de Reuters à Abidjan, avant une carrière d’expert en communication à la Banque mondiale et à la Banque africaine de développement. Il a aussi dirigé le Centre d’information et de communication gouvernementale.

Selon la note d’information publiée par l’ANP, les deux régulateurs ont comparé leurs méthodes, en particulier le monitoring des publications de la presse écrite et des productions audiovisuelles. Ils ont discuté de la façon de communiquer avec les médias pour que leurs missions soient mieux comprises, et se sont présentés comme des « partenaires » des journalistes. La journée proposée par Bakary Sanogo aurait pour objet de faire connaître au grand public les missions, les attributions et les actions des organes de régulation.

Depuis un an, l’ANP s’est surtout fait entendre par ses sanctions. Le samedi 25 octobre 2025, jour de l’élection présidentielle, le conseil de l’ANP s’est réuni en session extraordinaire à son siège de Cocody et a suspendu Abidjan.net pour vingt-six jours. Le portail avait affiché la veille de prétendus résultats du scrutin. Abidjan.net a expliqué le jour même qu’une erreur technique, survenue pendant les tests internes de sa plateforme de suivi des résultats, avait mis ces chiffres en page d’accueil. Le communiqué, signé par Samba Koné, invoquait l’article 31 de la loi sur la presse, l’article 2 du Code de déontologie du journaliste, l’article 39 du Code électoral et une décision de l’ANP du 2 octobre 2025. Pendant la suspension, le site devait cesser toute production d’informations sur l’ensemble de ses plateformes.

Huit mois plus tard, le 2 juillet 2026, la septième session ordinaire de l’année a prononcé deux suspensions et un blâme. Le quotidien Échos de la République avait annoncé à sa une du 1er juillet le décès de l’épouse d’un membre du gouvernement, démenti ensuite par le ministère de la Défense. Pour le conseil, l’article ne reposait « sur aucun fait probant ». Le journal a été suspendu pour vingt-six parutions, soit un mois, et l’auteur de l’article privé d’écriture pendant un mois, avec retrait de sa carte de journaliste professionnel, malgré le mea culpa présenté à l’audition.

Ces décisions s’appuient sur la loi de 2017 portant régime juridique de la presse, modifiée en 2022, dont les articles 77 et 101 permettent à l’ANP de suspendre elle-même un titre.

La Côte d’Ivoire n’est pas seule à poser la question. Au Sénégal, la loi qui crée le Conseil national de régulation des médias prévoit des suspensions d’un à deux mois pour un journal ou un site, et son collège est encore en cours de recrutement. À Abidjan, le dossier à suivre est simple : la date de cette première Journée des régulateurs, et ce que les deux autorités choisiront d’y rendre public, leurs principes ou le détail de leurs décisions.

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