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RDC – OCC : le dossier Étienne Tshimanga classé sans suite, Julien Paluku doit trancher

Étienne Tshimanga
Étienne Tshimanga
Suspendu en février à la tête de l’Office congolais de contrôle, Étienne Tshimanga Mutombo vient de voir le volet judiciaire de son dossier classé sans suite. Le Conseil d’administration de l’OCC, conduit par son PCA Fortunat Ndambo, a saisi le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, pour tirer les conséquences administratives de cette évolution. À la tutelle désormais d’arbitrer.

À l’OCC, l’heure n’est plus seulement à la procédure. Trois mois après sa suspension à titre conservatoire, Étienne Tshimanga Mutombo peut opposer un fait précis à ses détracteurs : le dossier judiciaire ouvert contre lui et plusieurs collaborateurs a été classé sans suite par le Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe. La correspondance du parquet est datée du 12 mai 2026 et renvoie à une décision du 8 mai.

La nuance mérite d’être posée. Un classement sans suite signifie que le parquet n’a pas jugé utile de poursuivre, pas nécessairement que les faits n’ont pas eu lieu. Mais pour un mandataire public visé par des accusations de détournement et de faux en écriture, cette issue change le centre de gravité du dossier : ce qui relevait du soupçon pénal ne peut plus, sans nouveaux éléments, continuer à produire les mêmes effets administratifs.

 Le ministre Paluku fera valoir la République

Julien Paluku avait suspendu Étienne Tshimanga Mutombo le 16 février 2026, à titre conservatoire, après des griefs portant sur un système informatique parallèle de contrôle des importations et exportations, l’usage présumé de fausses attestations de vérification et des actes d’insubordination. L’intérim avait été confié à la DGA Christelle Muabilu.

À l’époque, le ministre avait assumé une décision d’autorité. Aujourd’hui, c’est une décision d’équité qui lui est demandée : réhabiliter un mandataire quand les faits pénaux ne sont pas retenus. Pour un homme d’État aguerri, ancien gouverneur du Nord-Kivu et figure politique aguerrie, la logique est claire : une tutelle forte ne se mesure pas seulement à sa capacité de suspendre, mais aussi à celle de corriger quand l’accusation ne tient plus. C’est précisément cette décision que son parcours rend attendue.

Le Conseil d’État avait rejeté début mars un recours en référé-liberté contre la suspension, jugeant la demande non fondée. Mais cette décision portait sur les conditions du référé, pas sur le fond pénal aujourd’hui éclairé par le parquet.

Le rôle discret mais décisif du Conseil d’administration

Le Conseil d’administration, sous la conduite du PCA Fortunat Ndambo Mandjuandju, a saisi le ministre pour que la tutelle tire les conséquences de cette évolution. Nommé par ordonnance présidentielle en août 2022, Ndambo est un ancien cadre de l’OCC passé par plusieurs fonctions internes avant d’accéder à la tête du CA. Son intervention relève de la gouvernance ordinaire : un établissement public ne peut pas fonctionner durablement dans l’ambiguïté.

Dans cette séquence, Christelle Muabilu mérite d’être mentionnée. Appelée à assurer l’intérim dans un contexte tendu, la DGA a maintenu l’appareil administratif sans laisser l’OCC basculer dans une guerre de clans. Sa disponibilité annoncée pour une remise et reprise ordonnée est un signal utile dans un environnement où les transitions se font souvent dans la revanche ou la paralysie.

Pour l’OCC, l’enjeu dépasse les personnes. Il s’agit de restaurer l’autorité administrative d’un établissement stratégique et de montrer que la présomption d’innocence produit des effets concrets. Lorsqu’un dossier judiciaire se referme faute de poursuites, l’administration ne peut pas continuer comme si rien n’avait changé.

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