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    Ebola en RDC : le gouvernement annonce le pic dépassé, l’OMS décrit une expansion continue

    Le Conseil des ministres du vendredi 11 septembre a déclaré que la 17e épidémie d’Ebola est « sous contrôle » et que « le pic a été atteint depuis le début de la troisième semaine du mois d’août 2026 ». Le même jour, la série de l’Institut national de santé publique arrêtée au 10 septembre portait le bilan à 7 022 cas confirmés et 3 398 décès, soit une létalité de 48,4 %, et enregistrait pour la seule journée du 10 septembre 80 nouveaux cas et 49 décès.

    ebola en RDC

    Le Conseil des ministres du vendredi 11 septembre a déclaré que la 17e épidémie d’Ebola est « sous contrôle » et que « le pic a été atteint depuis le début de la troisième semaine du mois d’août 2026 ». Le même jour, la série de l’Institut national de santé publique arrêtée au 10 septembre portait le bilan à 7 022 cas confirmés et 3 398 décès, soit une létalité de 48,4 %, et enregistrait pour la seule journée du 10 septembre 80 nouveaux cas et 49 décès.

    Un seul indicateur public étaye la thèse officielle. Sur les 61 zones de santé touchées, dix n’ont déclaré aucun cas depuis au moins vingt et un jours, soit la durée de deux périodes d’incubation. C’est la mesure que les épidémiologistes utilisent pour dire qu’une chaîne de transmission s’est éteinte, et elle est réelle. « On a dépassé le pic et la courbe est dans sa phase descendante », a déclaré à Radio Okapi le professeur Placide Mbala, virologue de l’université de Kinshasa et responsable du pilier recherche de la riposte, à l’issue de la réunion présidée le 11 septembre par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.

    La difficulté est que les autres indicateurs de la même riposte ne disent pas la même chose. Les centres de traitement du Nord-Kivu affichaient au 10 septembre un taux d’occupation de 141,4 %, ce qui signifie qu’ils accueillent quatre patients pour trois places. Sur les 80 cas de cette journée, 43 viennent du Nord-Kivu et 30 de l’Ituri, les deux provinces qui portent l’épidémie depuis mai.

    L’Organisation mondiale de la santé a publié le 10 septembre, veille du Conseil des ministres, son point de situation sur la même épidémie. Arrêté au 7 septembre, il compte 6 757 cas et 3 267 décès en RDC, pour une létalité de 48,3 %. Le document décrit une « expansion géographique continue » et une « transmission soutenue », relève une augmentation dans certaines zones de santé, et maintient le niveau de risque à « très élevé » pour la RDC. Trois jours séparent les deux arrêtés de comptes, et 265 cas et 131 décès les séparent aussi.

    Les deux lectures ne portent pas sur des chiffres différents. Elles portent sur les mêmes chiffres, lus à des dates différentes et avec des conclusions opposées.

    Le 10 septembre, l’épidémie a gagné une septième province. Un homme de 23 ans est mort au centre de santé de Miluna, à Gwaka, dans la zone de santé de Bulu, territoire de Budjala, au Sud-Ubangi. L’Institut national de recherche biomédicale a confirmé le cas sur un échantillon prélevé dans cette zone. C’est la première fois que l’épidémie atteint l’ouest du pays.

    Le trajet de cet homme est le fait le plus lourd de la semaine. Il avait quitté Kamanyola, au Sud-Kivu, près de Bukavu, le 10 juillet. Il a traversé le Rwanda, l’Ouganda, l’Ituri et la Tshopo, s’est dégradé à Akula, et il est mort deux mois plus tard à plus de mille kilomètres de son point de départ. Pendant ces deux mois, il n’a été rattrapé par aucun dispositif de suivi des contacts, ni à la sortie du Sud-Kivu, ni aux deux frontières qu’il a franchies, ni dans les deux provinces déjà classées en épidémie qu’il a traversées.

    C’est précisément ce que mesure l’indicateur de suivi des contacts. L’OMS en recensait 24 719 identifiés au 7 septembre, dont 21 359 réellement suivis, soit 85,3 %. Les 14,7 % restants, environ 3 360 personnes, sont la marge dans laquelle une chaîne de transmission se poursuit sans être vue. Un seul de ces contacts perdus a suffi pour ouvrir un foyer à mille kilomètres.

    La létalité reste le deuxième point dur. Près d’un malade confirmé sur deux meurt, et au Nord-Kivu l’OMS relève un taux de 65,4 %, le plus élevé observé depuis le début de la flambée. La souche en cause est Bundibugyo, pour laquelle l’arsenal thérapeutique diffère de celui constitué contre la souche Zaïre au fil des épidémies précédentes. Plus de 70 000 doses de vaccin ont été réceptionnées, selon le compte rendu de la réunion du 11 septembre.

    Déclarer une épidémie sous contrôle n’est pas un geste de communication sans portée. C’est la phrase à partir de laquelle les bailleurs arbitrent, les équipes se redéploient et les provinces encore indemnes calibrent leur vigilance. La question posée au gouvernement congolais n’est donc pas de savoir s’il a tort, mais sur quelle série il s’appuie : celle des dix zones silencieuses, ou celle des 80 cas quotidiens et des centres pleins à 141 %.

    Trois choses se vérifieront dans les semaines qui viennent. Si les dix zones de santé franchissent quarante-deux jours sans cas, la thèse du pic dépassé tiendra. Si la courbe quotidienne du Nord-Kivu et de l’Ituri descend sous les cinquante cas, elle tiendra aussi. Et si la chaîne ouverte à Bulu s’arrête au cas index, le Sud-Ubangi n’aura été qu’une alerte. Aucun de ces trois seuils n’était atteint au 12 septembre.

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