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    Recensement en RDC : la cartographie démarre à Kinshasa, les SMS des opérateurs n’atteindront pas tout le pays

    La cartographie du deuxième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2) doit débuter à Kinshasa à partir du lundi 21 septembre, selon Radio Okapi. Quatre jours plus tôt, le ministre d’État au Plan, Guylain Nyembo, a obtenu d’Africell, Airtel, Orange, Vodacom et Global Broadband Solutions qu’ils relaient la sensibilisation par SMS. La RDC n’a pas compté sa population depuis 1984, et ses propres statistiques télécoms montrent jusqu’où ces messages ne portent pas.

    Boulevard des Huileries à Kinshasa, habitations et panneau publicitaire pour des SMS, là où débute la cartographie du recensement en RDC
    Antoine Moens de Hase, 2013 · CC BY 2.0 · Wikimedia Commons

    La cartographie du deuxième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2) doit débuter à Kinshasa à partir du lundi 21 septembre. Quatre jours plus tôt, le ministre d’État au Plan, Guylain Nyembo, a obtenu d’Africell, Airtel, Orange, Vodacom et Global Broadband Solutions qu’ils relaient la sensibilisation par SMS. La RDC n’a pas compté sa population depuis 1984, et ses propres statistiques télécoms montrent jusqu’où ces messages ne portent pas.

    Au Centre omnisports du stade Tata-Raphaël, dans la commune de Kalamu, Erick Biduaya Panu a formé à partir du 9 septembre une partie des 1 868 opérateurs cartographes de la capitale, répartis sur 35 sites. « La première consiste à former d’abord tous les agents cartographes. Et la seconde formation, c’est former en trois jours ceux qui se seront distingués parmi les 1 800, pour en faire les chefs d’équipes », expliquait-il.

    Ces agents parcourent les quartiers pour identifier et localiser les ménages, les habitations et les infrastructures. Le travail doit durer environ un mois à Kinshasa avant de gagner les autres provinces, selon le ministère du Plan cité par Actualité.cd. Le dénombrement proprement dit est prévu en juillet 2027.

    Ce que les opérateurs ont promis tient en une ligne : accompagner « la sensibilisation de la population, notamment à travers l’envoi de SMS et d’autres canaux de communication », rapporte Radio Okapi. « Au-delà de la connectivité, Africell se positionne aujourd’hui comme un acteur d’accompagnement pour le processus du deuxième recensement de la population », a déclaré Mireille Mokeni, responsable des relations publiques d’Africell, selon La Prospérité. Leur rôle, tel que le décrit le ministère, est de prévenir les abonnés, pas de fournir des données.

    En juillet, Guylain Nyembo avait insisté sur ce point : « C’est une opération confidentielle. Les informations recueillies serviront à la planification et non à identifier les individus à des fins politiques », a-t-il déclaré, selon Mediacongo.

    Un SMS n’arrive que là où il y a un abonné. Le dernier observatoire de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPTC), qui couvre le quatrième trimestre 2025, compte 73,9 millions d’abonnements mobiles actifs, pour un taux de pénétration national de 65,9 %.

    Derrière la moyenne, le pays se coupe en deux. Kinshasa affiche 135 %, parce que beaucoup de Kinois ont plusieurs cartes SIM : un même message peut y parvenir plusieurs fois à la même personne. Dans la Tshuapa, le taux tombe à 9,8 %, dans le Bas-Uele à 11,7 %, dans le Nord-Ubangi à 21 %. Là, la campagne par SMS ne touchera qu’une petite partie des habitants.

    Ces taux reposent eux-mêmes sur une population que personne n’a comptée. Pour son indicateur national, l’ARPTC retient 112,2 millions d’habitants, une estimation de la Banque centrale du Congo. Son tableau par province, dans le même rapport, additionne 98,4 millions d’habitants. Près de quatorze millions de personnes séparent deux chiffres officiels publiés côte à côte. C’est l’écart que le RGPH-2 doit combler : « Aucun grand État ne peut durablement construire son avenir sur des approximations », a déclaré Guylain Nyembo en juillet, selon Mediacongo.

    Le Nord-Kivu et le Sud-Kivu posent une autre difficulté, qui n’est pas celle du réseau : l’ARPTC y relève des revenus SMS élevés, signe d’un attachement à la messagerie classique. Une partie de ces provinces est occupée par l’AFC/M23.

    Interrogé par les sénateurs puis les députés le 15 juillet, le ministre a annoncé une méthode hybride. « Pour les territoires tranquilles, nous conservons une approche classique. Mais là où subsistent des poches d’insécurité, quelles qu’elles soient, nous utiliserons la méthode dite de l’intelligence démographique, avec tous les outils de l’intelligence informatique, notamment les satellites », a-t-il détaillé. L’imagerie satellitaire compte des toits. Elle ne dit ni l’âge, ni le sexe, ni le nombre de personnes sous chacun.

    Le financement est bouclé sur le papier. Le coût global est estimé à 192 millions de dollars, et l’État a annoncé un premier décaissement de 30 millions. À la table ronde des bailleurs du 23 mars à Kinshasa, la Banque mondiale a promis 100 millions de dollars, la Banque africaine de développement 80 millions et les Nations unies 3 millions, selon le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), à qui le gouvernement a confié la gestion fiduciaire des fonds. Sa directrice exécutive, Diene Keita, avait prévenu ce jour-là : « C’est maintenant que le travail commence. J’attends les décaissements. »

    Reste la phrase que le ministre répète à chaque étape. Devant les cadres de l’Union sacrée, le 17 septembre, il a présenté le recensement comme une opération statistique distincte des questions électorales, selon Radio Okapi. En juillet, il avait été plus net : « Le RGPH-2 n’est ni une opération électorale ni un instrument politique. Il n’a aucun lien avec le fichier électoral ou avec les échéances électorales ». Le recensement doit s’achever en décembre 2027, l’élection présidentielle est attendue en 2028.

    L’insistance a une histoire. Avant les élections prévues en 2016, un premier projet de recensement avait été abandonné après de fortes mobilisations populaires, l’opposition et la société civile y voyant un levier de « glissement » du mandat de Joseph Kabila, rappelle l’institut congolais Ebuteli dans une note publiée le 27 mai. L’identification de la population n’est pas officiellement présentée comme une condition des élections de 2028, souligne Ebuteli, qui relève des ambiguïtés sur la mise en commun des outils entre la CENI, l’Office national d’identification de la population (ONIP) et l’Institut national de la statistique.

    Le ministre ne les dissipe pas tout à fait. « Il peut y avoir une mutualisation des outils, notamment la cartographie, mais chaque processus garde son autonomie », a-t-il déclaré en juillet. La carte que les agents d’Erick Biduaya Panu dessinent à Kinshasa doit servir de support aux opérations d’identification de l’ONIP, selon le compte rendu de Mediacongo. Le calendrier est désormais public : un mois de cartographie dans la capitale, les provinces ensuite, le dénombrement en juillet 2027 et la fin de l’opération en décembre.

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