En Côte d’Ivoire, le prix du carburant à la pompe ne bouge pas en novembre. Le litre de super sans plomb reste à 905 francs CFA, le gasoil à 725 francs, le pétrole lampant à 780 francs. La bouteille de gaz de 6 kg reste à 2 000 francs et celle de 12,5 kg à 5 200 francs. Dans la même grille, publiée par la Direction générale des hydrocarbures (DGH) et valable du 1er au 30 novembre 2026, le butane vrac industriel passe de 659,5 à 896 francs CFA le kilo, soit une hausse de près de 36 % en un mois.
Le prix du butane vrac s’applique aussi aux bouteilles de plus de 28 kg. Ce sont les grands formats des boulangeries, des restaurants et des petites et moyennes entreprises, que la grille range avec l’industrie et non avec les ménages. La bouteille domestique de 28 kg, elle, reste à 13 000 francs, soit environ 464 francs le kilo. Au-delà de ce poids, le kilo coûte désormais près du double.
Les ménages épargnés, l’industrie paie
Les autres produits destinés à l’industrie montent aussi. Le distillat diesel oil (DDO) passe de 1 051 à 1 104 francs CFA le kilo, et de 977 à 1 030 francs pour les entreprises qui bénéficient de l’exonération. Le fuel oil 180, brûlé par les usines et les centrales thermiques, passe de 546 à 600 francs le kilo. Ces prix industriels sont fixés pour le District autonome d’Abidjan.
Le gouvernement présente le maintien des prix à la pompe et du gaz domestique comme une mesure de protection du pouvoir d’achat. Le calcul est simple à lire : le prix que voit le ménage ne bouge pas, celui que paie l’entreprise suit le marché.
Trois mois de gel à la pompe, trois mois de hausse à l’usine
La Côte d’Ivoire fixe chaque mois ses prix maxima de détail par un mécanisme automatique qui répercute les cours internationaux. Le 1er mai 2026, sur fond de crise au Moyen-Orient, le litre de super était passé à 875 francs. Le 1er août, il a atteint 905 francs et le gasoil 725 francs, contre 700 auparavant. Depuis, ces deux prix n’ont plus bougé : septembre, octobre et novembre les ont reconduits.
Côté industrie, la courbe est inverse. En août, la DGH fixait le butane vrac à 547 francs le kilo, le DDO à 850 francs et le fuel oil 180 à 487 francs. En trois mois, le butane vrac a pris 64 %, le DDO 30 % et le fuel oil 23 %. Le gel à la pompe n’a pas suspendu la hausse du pétrole : il l’a déplacée vers ceux qui transforment, cuisent et produisent.
Ce que le consommateur paiera quand même
Le ménage ne paie pas le butane vrac, mais il achète le pain cuit au gaz, le repas du maquis, les produits sortis d’une usine qui tourne au DDO. La hausse de novembre entre dans les comptes des boulangers et des restaurateurs dès ce dimanche. Elle n’apparaît dans aucun prix affiché à la pompe.
Le prochain rendez-vous est fixé : la DGH publiera fin novembre la grille de décembre. Elle dira si la pompe tient un quatrième mois, et si l’écart entre le prix du ménage et celui de l’atelier continue de se creuser.
Œil d’Afrique





































