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Côte d’Ivoire : À Ayébo, les feuilles de palmier font tourner une centrale de 46 mégawatts

La centrale à biomasse Biovea, d’une puissance de 46 mégawatts, a été inaugurée le jeudi 5 novembre 2026 à Ayébo, près d’Aboisso, dans le Sud-Comoé. Elle produit son électricité avec les pétioles et les feuilles coupés pendant l’entretien et le renouvellement des palmeraies, près de 450 000 tonnes par an que doivent lui fournir quelque 12 000 planteurs et des plantations industrielles. Présentée comme la plus grande centrale d’Afrique de l’Ouest alimentée uniquement par des résidus agricoles, elle a coûté plus de 150 milliards de francs CFA.

Récolteur dans une plantation de palmiers à huile en Côte d'Ivoire, filière qui alimente la centrale biomasse Biovea d'Ayébo
Papischou · CC BY-SA 4.0

La centrale à biomasse Biovea, d’une puissance de 46 mégawatts, a été inaugurée le jeudi 5 novembre 2026 à Ayébo, près d’Aboisso, dans le Sud-Comoé. Elle produit son électricité avec les pétioles et les feuilles coupés pendant l’entretien et le renouvellement des palmeraies, près de 450 000 tonnes par an que doivent lui fournir quelque 12 000 planteurs et des plantations industrielles. Présentée comme la plus grande centrale d’Afrique de l’Ouest alimentée uniquement par des résidus agricoles, elle a coûté plus de 150 milliards de francs CFA.

Dans une palmeraie, la taille et la replantation laissent au sol des tonnes de feuilles et de pétioles. Jusqu’ici, elles y restaient. Biovea Énergie, qui exploite la centrale, les achète désormais et organise leur collecte, leur conditionnement et leur transport jusqu’à Ayébo. L’entreprise estime que la vente de ces résidus pourrait accroître jusqu’à 20 % les revenus annuels des producteurs qui y participent. Les cendres de la combustion doivent ensuite retourner aux exploitants, comme fertilisant.

Près de 340 gigawattheures par an. C’est ce que la centrale doit injecter sur le réseau national, l’équivalent, selon le gouvernement, des besoins d’environ 1,7 million de personnes. Le projet annonce aussi un millier d’emplois directs et indirects, dans la collecte de la biomasse, son transport et l’exploitation du site.

« Aujourd’hui, cette ambition devient une réalité industrielle », a déclaré Mamadou Sangafowa-Coulibaly, ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, en rappelant que la première pierre avait été posée en juillet 2023. La cérémonie était présidée par Nialé Kaba, ministre d’État chargée des Affaires étrangères, qui représentait le Premier ministre Robert Beugré Mambé.

La centrale appartient à Biovea Énergie, qui réunit le français EDF, le fonds d’investissement Meridiam et Biokala, filiale du groupe agro-industriel ivoirien SIFCA. Proparco et l’Emerging Africa Infrastructure Fund ont participé au financement. La concession signée avec l’État couvre la conception, le financement, la construction et l’exploitation pendant vingt-cinq ans. Pendant cette période, l’électricité produite est vendue à l’État ivoirien. Au terme du contrat, la centrale doit entrer dans le patrimoine public.

Le pari repose sur les planteurs. Une centrale à biomasse ne tourne que si les résidus arrivent, chaque jour, en quantité et à un prix qui intéresse ceux qui les ramassent. Nialé Kaba l’a dit devant les dirigeants de Biovea Énergie, en leur demandant un approvisionnement durable et une rémunération « juste et transparente » des producteurs, le respect des normes environnementales et la formation de compétences locales.

L’État affiche un taux d’accès à l’électricité passé de 33,1 % en 2011 à plus de 99 % aujourd’hui. La demande, elle, continue de croître, et le réseau reste alimenté surtout par les centrales thermiques au gaz et par l’hydroélectricité, le solaire gagnant du terrain. La Côte d’Ivoire s’est fixé pour objectif de porter les énergies renouvelables à 46,3 % de sa production électrique à l’horizon 2035.

Ayébo doit être la première d’une série. Le ministre de l’Énergie a annoncé deux autres centrales à biomasse : l’une à Divo, dans le sud-ouest, avec des résidus de cacao, l’autre à Boundiali, dans le nord, avec des tiges de coton. Le même calcul s’y posera : combien vaut, pour un planteur, ce qu’il laissait pourrir dans son champ.

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