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    Abidjan nomme une rue Papa Wemba à Anoumabo, dix ans après sa mort sur cette même scène

    Papa Wemba
    Papa Wemba
    Le 24 avril 2016, Papa Wemba s’effondrait sur la scène du FEMUA à Anoumabo. Dix ans plus tard, c’est dans ce même quartier qu’une rue porte son nom. Abidjan n’a pas seulement commémoré sa mort. Elle a gravé dans l’asphalte l’une des pages les plus tragiques et les plus lumineuses de la musique africaine.

    Il y a 10 ans, Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba s’effondrait sur la scène du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo. Il avait 66 ans. Dix ans plus tard, jour pour jour, c’est dans ce même quartier populaire d’Abidjan qu’une rue reçoit son nom.

    La cérémonie du vendredi 24 avril 2026 a réuni des figures du monde diplomatique et culturel autour d’un double hommage. Le maire de Marcory, Aby Raoul, a fait de Papa Wemba Citoyen d’honneur de la commune et l’a élevé au rang de Commandeur de l’ordre du mérite communal. Ces distinctions s’ajoutent à la plaque de rue apposée à Anoumabo, sur les lieux mêmes où l’artiste a donné son dernier concert.

    L’ambassadeur de la RDC en Côte d’Ivoire, Gilbert Naiya Nabina, était présent, aux côtés de Mariatou Koné, ministre du Portefeuille de l’État, et de Fidèle Yapi, directeur général de la Décentralisation et du Développement local. La délégation congolaise soulignait que l’hommage déborde le cadre ivoirien : Papa Wemba appartient à l’histoire musicale du continent.

    Le Commissariat général du FEMUA, organisateur historique du festival où l’artiste est mort, pilotait la journée en collaboration avec la mairie de Marcory. La rumba congolaise et la SAPE y avaient leurs représentants. Le blanc était le mot d’ordre vestimentaire. Les concerts se sont prolongés jusqu’au petit matin.

    Papa Wemba avait entretenu avec Abidjan une relation que les honneurs posthumes n’ont fait que formaliser. La Côte d’Ivoire a longtemps été une terre d’accueil pour la rumba congolaise, et Anoumabo, quartier de migrants et de musiques mêlées, en est l’un des territoires naturels. Que ce soit là, et pas ailleurs, que la rue reçoive son nom relève d’une cohérence que les décisions officielles n’ont pas toujours.

    Mourir sur scène devant son public, c’est déjà une forme d’éternité pour un artiste. Qu’Anoumabo devienne le lieu permanent de cette mémoire transforme un drame en monument. La ville a compris que l’endroit où Papa Wemba a rendu l’âme était aussi l’endroit où il fallait l’inscrire dans la durée.

    Le FEMUA, qui reprend cette année, porte cette commémoration comme partie intégrante de son identité. L’édition 2026 s’ouvre sur la figure de celui qui y est mort, ce qui n’est pas une posture, mais une façon de dire que certaines scènes ne s’oublient pas. ue Papa Wemba Anoumabo Abidjan

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