Connect with us

    Bonjour, que recherchez-vous ?

    Oeil d'Afrique
    Oeil d'AfriqueOeil d'Afrique

    Politique

    Les confessions religieuses ouvrent 26 jours de prière pour un dialogue national que l’opposition rejette

    La Plateforme des confessions religieuses a lancé dimanche 6 septembre à Kinshasa 26 jours de prière, un par province, pour accompagner le dialogue national RDC annoncé par Félix Tshisekedi. Les séances quotidiennes courent du 7 septembre au 3 octobre 2026, avec un objectif de 144 000 intercesseurs. La principale coalition d’opposition rejette le processus et appelle à manifester le 15 septembre.

    dialogue national preiere rdc

    La Plateforme des confessions religieuses a lancé dimanche 6 septembre à Kinshasa 26 jours de prière, un par province, pour accompagner le dialogue national RDC annoncé par Félix Tshisekedi. Les séances quotidiennes courent du 7 septembre au 3 octobre 2026, avec un objectif de 144 000 intercesseurs. La principale coalition d’opposition rejette le processus et appelle à manifester le 15 septembre.

    L’initiative porte un nom, « Dialogue spirituel pour la Nation ». Elle a été présentée le 1er septembre à Kinshasa par Évariste Ejiba Yamapia, archevêque et président de la Plateforme. Le dispositif reprend la carte administrative du pays : une journée par province, consacrée chaque fois à ses difficultés et à ses attentes. À Kinshasa, environ 13 000 intercesseurs se répartissent dans 26 pôles de prière. La clôture nationale est fixée aux 2, 3 et 4 octobre.

    La Plateforme a pris les devants sur ce qu’on allait lui reprocher. « Il ne s’agit ni d’une initiative politique ni d’une démarche partisane, mais d’un accompagnement spirituel du dialogue national », écrit-elle dans son texte de présentation, rapporté le 1er septembre par MediaCongo Press.

    Le calendrier raconte pourtant autre chose que la démarche. Félix Tshisekedi a détaillé le dialogue dans un discours du 27 août. L’architecture retenue prévoit trois mois au maximum, des consultations populaires dans les 26 provinces, puis des assises nationales à Kinshasa. Les 26 jours de prière suivent le même découpage territorial, dans la même fenêtre de temps.

    Le périmètre est ce qui fait l’objet du désaccord. La présidence exclut du dialogue l’AFC/M23 et les groupes armés qu’elle considère comme soutenus par des intérêts étrangers ou par le Rwanda. Elle refuse que la discussion serve à remettre en cause les institutions issues des élections de 2023. Le Front commun pour le Congo de Joseph Kabila reste lui aussi en dehors.

    La coalition Article 64, qui réunit Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, a rejeté le processus le 28 août. Elle y voit des consultations populaires présentées comme un dialogue et réclame une rencontre neutre, inclusive, placée sous médiation internationale. « Le Congo n’appartient pas à M. Félix Tshisekedi », a déclaré Martin Fayulu, cité par Radio Okapi.

    L’argument que la coalition met en avant porte sur la Constitution. Ses responsables affirment que le processus prépare une révision ouvrant la voie à un troisième mandat après 2028. La présidence ne l’a pas confirmé et s’en tient au cadre issu du scrutin de 2023. C’est sur ce point que l’opposition appelle à une marche nationale le 15 septembre, à neuf jours du lancement des prières et au milieu de la période d’intercession.

    Ce que la Plateforme apporte au processus n’est pas un arbitrage, c’est une caution. Actualite.cd rapportait le 17 juillet que le chef de l’État confiait aux confessions religieuses l’accompagnement du dialogue. Six semaines plus tard, elles ouvrent un calendrier de prière calqué sur celui des consultations. La question n’est pas la sincérité des intercesseurs. Elle est ce que leur présence rend possible : un processus contesté sur son périmètre gagne, avec elles, une légitimité que la liste de ses participants ne lui donne pas.

    Deux choses restent à établir. La composition de la Plateforme, d’abord : aucun des textes de présentation publiés depuis le 1er septembre ne nomme les confessions membres, et l’on ne sait pas si la CENCO et l’ECC, les deux institutions qui portent l’essentiel de la médiation congolaise depuis des années, en font partie. La tenue effective des consultations dans les 26 provinces, ensuite, alors que le dispositif de prière prévoit d’y consacrer une journée chacune depuis Kinshasa.

    Les deux calendriers ne se referment pas ensemble. Celui de la prière s’achève le 4 octobre. Les trois mois annoncés par la présidence courent jusqu’à la fin novembre. Entre les deux dates, il restera à voir qui aura pris place autour de la table.

    Œil d’Afrique

    Lire aussi

    Société

    Au 31 août 2026, la République démocratique du Congo comptait 6 186 cas confirmés d’Ebola, 3 007 décès et 1 409 guérisons, selon l’Institut...

    Economie

    La relance de la Minière de Bakwanga (MIBA) devait marquer le retour du géant du diamant congolais sur le chemin de la production. Elle...

    À la Une

    « Ce dialogue sera différent de tous les dialogues qu’a connus ce pays », a déclaré Félix Tshisekedi le 16 août à Libreville. Le...

    Société

    Déclarée le 15 mai 2026 en Ituri, l’épidémie d’Ebola en RDC a franchi le seuil des 5 665 cas confirmés et de 2 700...