Le prix de l’essence au Nigeria a encore monté le samedi 12 septembre 2026. La raffinerie Dangote vend désormais le litre 1 350 nairas à sa sortie, contre 1 265 depuis le 29 août, et c’est sa quatrième hausse depuis le 21 août. Le nouveau tarif dépasse le dernier coût d’importation publié par les grands distributeurs, deux jours avant l’ouverture de l’introduction en bourse de la raffinerie.
À la station MRS d’Alapere, à Lagos, une enseigne adossée au groupe Dangote, le litre est passé de 1 310 à 1 395 nairas, selon les relevés publiés par Legit.ng le 13 septembre au matin. Le même média a noté 1 385 nairas dans une station Mobil de l’agglomération, 1 380 dans un point de vente NNPC à Ibafo et 1 360 chez Matrix Energy à Kara, deux localités de l’État d’Ogun, à la sortie nord de Lagos. Le tarif de la raffinerie était répercuté à la pompe au plus tard le lendemain de son entrée en vigueur.
La hausse a été notifiée par une note aux clients citée par Vanguard. Elle impose de rendre les bons de chargement déjà émis pour qu’ils soient refacturés au nouveau prix, avant toute reprise des enlèvements. Le prix livré par voie maritime suit la même pente, de 1 669 545 à 1 783 530 nairas la tonne métrique.
La série est courte et serrée. De 1 165 nairas, la raffinerie est passée à 1 185 le 21 août, à 1 200 le 26, à 1 265 le 29, puis à 1 350 le 12 septembre. Au total, 185 nairas de plus par litre en vingt-deux jours, soit 15,9 %, a calculé pour Vanguard Lawal Kamaldeen, vice-président de l’Oil and Gas Service Providers Association of Nigeria. Le 6 août, la même raffinerie avait au contraire baissé son prix de 1 215 à 1 165 nairas, selon The Sun.
Pendant ces trois semaines, chaque hausse s’est lue à l’aune d’un repère, le coût de débarquement de l’essence importée. Le 21 août, Petroleumprice.ng calculait, cité par The Sun, que le litre Dangote à 1 185 nairas restait 33 nairas moins cher que l’essence venue de l’étranger. Le 8 septembre, la Major Energy Marketers Association of Nigeria (MEMAN) publiait un coût de débarquement de 1 311,36 nairas le litre, 46 nairas au-dessus du tarif Dangote d’alors, selon Chronicle NG. The Sun retient le même repère.
À 1 350 nairas, le rapport s’inverse sur ce dernier chiffre connu : le litre de la raffinerie coûte 39 nairas de plus que le coût d’importation mesuré par MEMAN quatre jours plus tôt, écart que The Sun relève dans son édition du 12 septembre. Le repère lui-même n’est pas figé. Il suit le brut, et le Brent cotait au-dessus de 100 dollars le baril le 11 septembre, selon le même journal. Le prochain relevé de MEMAN dira si l’écart tient.
La raffinerie a déjà donné sa lecture du marché. Le 29 août, pour justifier la hausse de 65 nairas, elle mettait en avant la concurrence des importations, qui ont fourni selon elle environ 43 % de l’essence livrée au Nigeria en juillet, et le coût de stocker un produit dont elle ne pouvait prévoir l’écoulement, a rapporté Legit.ng. Les autres dépôts côtiers vendaient l’essence entre 1 265,50 et 1 285 nairas, d’après Vanguard du 13 septembre. Trois jours plus tôt, le jeudi 10 septembre, plusieurs dépôts de Coconut, Satellite Town et Dockyard avaient suspendu leurs ventes en attendant de connaître le prix de leur prochain approvisionnement, selon Legit.ng.
Lundi 14 septembre, l’introduction en bourse de Dangote Petroleum Refinery ouvre sur la Nigerian Exchange, à 525 nairas l’action pour 4,1 milliards de titres. Au moment où Blueprint bouclait son article sur la hausse du 12 septembre, les responsables de la raffinerie n’avaient donné aucune explication supplémentaire.
Hors de Lagos, le prix de l’essence au Nigeria se lit encore en anticipations, pas en relevés. Les professionnels interrogés par Vanguard attendent entre 1 400 et 1 500 nairas le litre à Abuja, et entre 1 450 et 1 600 à Kano, Kaduna et Jos. Olatide Jeremiah, directeur général de Petroleumprice.ng, estime que la pompe pourrait atteindre 1 500 nairas dans les grandes villes si la tension sur le brut dure. Le gasoil suit : entre 1 790 et 2 100 nairas le litre sortie dépôt à Lagos, et jusqu’à 2 400 nairas attendus dans l’intérieur du pays, selon le même journal.
Lawal Kamaldeen cite le transport, la distribution, l’agriculture et les petites entreprises parmi les activités que la hausse va atteindre. Victoria Ibezim-Ohaeri, directrice exécutive de l’organisation Spaces for Change, prévient dans Vanguard que des hausses répétées pourraient accentuer la pression sur les ménages et les entreprises. Le dernier indice du National Bureau of Statistics, celui de juillet 2026, plaçait l’inflation à 15,43 % sur un an, et l’inflation alimentaire à 20,31 %.
Deux chiffres diront la suite. Le prochain coût de débarquement publié par MEMAN, qui établira si le litre Dangote reste plus cher que l’essence importée. Et l’indice des prix de septembre du NBS, le premier à contenir la hausse du 12.
Œil d’Afrique



































