Connect with us

Bonjour, que recherchez-vous ?

Oeil d'Afrique
Oeil d'AfriqueOeil d'Afrique

À la Une

RDC : Le CSAC promet la fermeté, le football piraté continue

Le régulateur congolais des médias promet de nouveau des « sanctions exemplaires » contre le piratage des matchs. Au deuxième colloque national du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) sur le sujet, le jeudi 15 octobre à Kinshasa, son vice-président, Bruno Mbolison, a assuré que le CSAC se montrera « toujours intransigeant » envers les diffuseurs pirates. Trois semaines plus tôt, LaLiga espagnole, la Premier League anglaise et l’UEFA lui avaient écrit pour dénoncer la diffusion de leurs compétitions sans autorisation en RDC. Aucune décision du CSAC sur ces courriers n’a été rendue publique.

Vue de la Gombe, à Kinshasa, où siège le CSAC qui promet des sanctions contre le piratage des matchs de football
ByaduniaEspoir · CC BY-SA 4.0

Le régulateur congolais des médias promet de nouveau des « sanctions exemplaires » contre le piratage des matchs. Au deuxième colloque national du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) sur le sujet, le jeudi 15 octobre à Kinshasa, son vice-président, Bruno Mbolison, a assuré que le CSAC se montrera « toujours intransigeant » envers les diffuseurs pirates. Trois semaines plus tôt, LaLiga espagnole, la Premier League anglaise et l’UEFA lui avaient écrit pour dénoncer la diffusion de leurs compétitions sans autorisation en RDC. Aucune décision du CSAC sur ces courriers n’a été rendue publique.

Bruno Mbolison a parlé de « diffuseurs pirates délinquants médiatiques qui pensent que tout devrait être du ramassage dans le domaine audiovisuel ». Il a annoncé que le bureau du CSAC, avec l’aval de son assemblée plénière, pourra aller jusqu’à transférer les dossiers à la justice, comme le permet l’article 74 de la loi organique du régulateur. Le rapporteur adjoint a rappelé aux participants, réunis à l’hôtel Béatrice, qu’un abonnement à une chaîne ne donne pas le droit d’en redistribuer le signal.

C’est précisément ce que les ligues européennes reprochent à des chaînes congolaises. Dans des courriers séparés datés du 23 septembre et adressés au président du CSAC, Christian Bosembe, les trois organisations ont rappelé qui détient leurs droits en RDC. Pour LaLiga, ce sont Canal+, qui a l’exclusivité en langue française, SuperSport, New World, DAZN et StarTimes. Le championnat espagnol affirme avoir identifié des chaînes de la télévision numérique terrestre, Haut-Parleur, JM TV et RTVL, qui auraient diffusé ses matchs sans autorisation, ainsi que deux opérateurs satellitaires, Primesat et Bleusat.

Ce n’est pas la première alerte, et le régulateur a déjà frappé. Le 23 décembre 2025, en pleine Coupe d’Afrique des nations, le CSAC a suspendu pour quarante-cinq jours une vingtaine de chaînes de Matadi, Kinshasa, Lubumbashi, Kolwezi et Likasi, pour avoir retransmis les matchs sans en détenir les droits. Le 3 avril 2026, au Novotel de la Gombe, Canal+, LaLiga, le CSAC et le parquet lançaient, en présence de représentants du gouvernement, un « front commun contre le piratage ». Le rapporteur adjoint du CSAC, Serge Ndjibu, y annonçait quatre axes : « le renforcement du cadre normatif », « le contrôle et la surveillance », « la sanction des infractions » et « la sensibilisation du public ». Le procureur Serge Bashonga rappelait que l’article 376 du Code du numérique punit le piratage de peines allant jusqu’à dix ans de servitude pénale.

Selon Serge Ndjibu, Lubumbashi et Kolwezi arrivaient alors en tête des villes touchées, devant Kinshasa et Matadi. Le 21 mai, l’assemblée plénière du CSAC suspendait pour quatre-vingt-dix jours quatre chaînes de Kinshasa, Mercure TV, TVSCD, Bein SPO et Fou de Jésus TV, et demandait le retrait des fréquences de Fou de Jésus TV et de Mercure TV. « Ces chaînes de télévision sont devenues des champions en piratage de contenus audiovisuels protégés », déclarait Serge Ndjibu. Fou de Jésus figurait déjà, sous le nom de Fou de Jésus Travelling TV, dans la liste des chaînes suspendues en décembre.

Dix mois de sanctions n’ont pas tari l’offre pirate, et le prix légal explique une part de la demande. Sur le site de Canal+ RDC, la formule Évasion, la moins chère à afficher les chaînes Canal+ Sport 1 et 2, coûte 47 000 francs congolais par mois, environ 21 dollars. L’offre complète, Tout Canal+, monte à 117 500 francs, environ 52 dollars.

Même la télévision publique bute sur ce coût. En juin, la RTNC annonçait qu’elle ne diffuserait que 44 des 104 matchs de la Coupe du monde 2026, faute de pouvoir payer davantage au détenteur des droits pour l’Afrique subsaharienne francophone, la chaîne togolaise New World TV. « Les matchs coûtent énormément cher. C’est ce facteur qui explique pourquoi nous nous contentons de 44 rencontres », expliquait Didier M’buy, assistant principal de la directrice générale de la RTNC.

Le CSAC se trouve ainsi entre deux pressions. Les détenteurs de droits lui demandent de faire respecter des contrats signés à l’étranger, alors que le coût de ces droits pèse jusque sur la télévision publique. Jusqu’ici, ses sanctions publiques ont visé des chaînes de télévision, pas des opérateurs satellitaires comme ceux que nomme LaLiga.

Au colloque du 15 octobre, le régulateur a choisi la fermeté. Les trois chaînes de la TNT et les deux opérateurs nommés par LaLiga attendent la décision de son assemblée plénière.

Œil d’Afrique

Lire aussi

À la Une

Sur 97 organisations qui mettent en œuvre la riposte contre Ebola en RDC, 25 seulement ont fourni au gouvernement les justificatifs demandés et peuvent...

À la Une

Le gouvernement congolais a annoncé le jeudi 15 octobre la création, par décret, du Service national de dispatching (SND), un établissement public chargé de...

À la Une

L'Intersyndicale du secteur de la santé (ISS-RDC) appelle les agents des structures sanitaires du pays à une grève générale à partir du jeudi 15...

À la Une

Annoncé le lundi 12 octobre à Goma, le Front pour la refondation de la nation (FRN), présidé par Joseph Kabila, prend la suite de...