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    Bénin : le test démocratique du 12 avril

    election presidentielle au benin
    election presidentielle au benin

    Dans moins d’un mois, le Bénin va voter. Et ce scrutin du 12 avril 2026 n’est pas une élection comme les autres — c’est le premier vrai test de maturité démocratique d’un pays qui s’est construit, depuis dix ans, sur la figure d’un seul homme.

    L’élection présidentielle béninoise de 2026 intervient peu après des élections législatives organisées le 11 janvier, dans un contexte marqué par une révision constitutionnelle adoptée en novembre, un putsch déjoué en décembre, et une opposition affaiblie. Pour la première fois, le président sera élu pour un mandat de sept ans renouvelable une seule fois.

    Patrice Talon ne se représente pas. Il l’a dit, redit, et renforcé constitutionnellement. Dans une interview à Jeune Afrique, il a déclaré : « Cette question m’agace. J’ai moi-même renforcé la Constitution pour stipuler que nul ne pourra exercer plus de deux mandats dans sa vie. » Mais partir ne signifie pas s’effacer. Talon a choisi son successeur : Romuald Wadagni, son ministre des Finances depuis 2016.

    Ancien cadre de Deloitte, Wadagni s’est imposé comme le visage de la rigueur économique et de la modernisation des finances publiques béninoises. Sous sa houlette, le Bénin est passé de pays pauvre à revenu intermédiaire et a renforcé son attractivité auprès des investisseurs. Mais des questions comme le chômage, les inégalités persistantes et les attentes sociales rappellent que la transformation n’est pas achevée.

    En face, Paul Hounkpè, secrétaire exécutif national de la Force cauris pour un Bénin émergent, est le seul candidat à se présenter face au dauphin de Patrice Talon. Un duel par procuration, donc — Talon contre Boni Yayi, à travers leurs représentants respectifs.

    Le vrai enjeu n’est pas de savoir qui gagnera. C’est de savoir si le Bénin réussira ce que peu de pays africains ont réussi : une alternance apaisée, sans violence, sans tricherie assumée, sans le vaincu qui refuse le résultat. Le 12 avril dira si dix ans de réformes ont aussi réformé la culture politique. C’est peut-être ça, la vraie élection.

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