Des assaillants armés ont tenté de prendre d’assaut l’aéroport international Diori Hamani de Niamey jeudi matin, pour la deuxième fois depuis janvier. Les forces de sécurité nigériennes ont repoussé l’attaque avant que les jihadistes présumés n’atteignent le terminal.
Selon le communiqué du ministère nigérien de la Défense, lu à la télévision nationale, les assaillants sont arrivés à bord de deux taxis et d’une fourgonnette. Certains portaient des ceintures explosives. Les premiers coups de feu ont retenti peu après 6 heures du matin, selon des résidents du quartier Talladjé. Les échanges de tirs ont duré au moins deux heures.
Le bilan provisoire fait état de 13 morts du côté des forces de l’ordre et des civils : 11 éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS) et 2 civils, ainsi que 4 blessés. Côté assaillants, 22 ont été neutralisés et une vingtaine de suspects ont été interpellés. Le ministère a précisé que du matériel a été saisi à l’issue des opérations. Le directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile a confirmé le retour à la normale sur l’ensemble de la plateforme aéroportuaire. Aucun groupe n’a revendiqué l’attaque à ce stade.
Ce n’est pas la première fois que ce site est ciblé. Dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, une attaque d’une ampleur plus grande avait visé la Base aérienne 101, attenante à l’aéroport. Des dizaines d’assaillants lourdement armés avaient ciblé les installations militaires pendant plusieurs heures, endommageant des aéronefs et un dépôt de munitions avant d’être repoussés. L’État islamique avait revendiqué cette opération via son agence Amaq, affirmant avoir causé des dégâts importants. Le gouvernement de transition avait alors reconnu l’appui de « partenaires russes » dans la riposte.
La répétition de l’attaque sur le même site soulève des questions sur l’efficacité du dispositif de sécurisation mis en place depuis janvier. L’aéroport Diori Hamani n’est pas seulement une infrastructure civile : il abrite la Base aérienne 101 et se trouve à moins de dix kilomètres de la présidence. Viser cet endroit deux fois en cinq mois relève d’une stratégie délibérée de test des défenses de la capitale.
Le Niger est dirigé depuis juillet 2023 par une junte militaire dont la consolidation du pouvoir n’a pas endigué l’extension des violences jihadistes. L’État islamique au Grand Sahara (EIGS) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) maintiennent une pression soutenue sur les villes et les axes stratégiques du pays. Niamey, longtemps épargnée, est de plus en plus dans le viseur. Cette deuxième attaque contre le même point névralgique confirme une tendance que les autorités de transition peinent à inverser malgré l’intensification du partenariat sécuritaire avec la Russie.





































