Dans la nuit du 17 au 18 juin, l’Ukraine a lancé son attaque de drones la plus importante contre Moscou depuis au moins deux ans. Plusieurs appareils ont atteint la raffinerie MNPZ, l’une des plus grandes installations pétrolières de Russie, déjà visée mardi de la même semaine.
Le maire de Moscou Sergueï Sobianine a confirmé sur Telegram que les défenses aériennes russes avaient abattu 194 drones se dirigeant vers la capitale. Le ministère russe de la Défense, lui, a annoncé avoir intercepté plus de 500 appareils à l’échelle du pays sur l’ensemble de la nuit. Malgré ce dispositif, plusieurs drones ont percé et touché la MNPZ, située dans le quartier de Kapotnia, au sud-est de la ville.
La cible n’est pas anodine. La raffinerie assure plus d’un tiers des besoins en carburant de Moscou et de ses aéroports. Viser cet actif deux fois en moins de cinq jours relève d’une logique précise : réduire les capacités d’exportation russes et tarir une partie des revenus qui financent l’effort de guerre.
L’attaque a eu des effets immédiats sur la capitale. Les quatre principaux aéroports moscovites, dont Chérémétievo, ont temporairement suspendu leurs opérations. Des passagers et des membres du personnel ont été évacués vers des abris. Un immeuble résidentiel et un centre commercial ont été endommagés par des débris de drones. Les autorités russes font état de 17 blessés.
Volodymyr Zelensky a revendiqué l’opération sur Telegram sans ambiguïté, la qualifiant de «sanctions à longue portée» contre la machine de guerre russe. «La raffinerie de Moscou a été touchée pour la deuxième fois cette semaine. Des cibles ont également été frappées dans la région de Rostov et dans les territoires ukrainiens temporairement occupés», a-t-il écrit. Moscou a promis une riposte «massive».
La même nuit, la Russie a lancé sept missiles et 239 drones contre l’Ukraine. Un mort et neuf blessés ont été recensés du côté ukrainien.
Cette escalade s’inscrit dans un tournant tactique visible depuis le début 2026 : Kiev a progressivement réorienté ses frappes vers les infrastructures énergétiques russes plutôt que vers des cibles militaires directes. Ports pétroliers de la Baltique, raffineries, dépôts de carburant, l’objectif est de contraindre Moscou à l’intérieur de ses propres frontières pendant que les négociations de paix restent dans l’impasse.
Pour l’Afrique, l’enjeu est indirect mais réel. La présence militaire russe au Sahel, Mali, Niger, Burkina Faso est directement entretenue par les revenus pétroliers de Moscou. Toute dégradation durable de la capacité de raffinage russe pèse sur les marges budgétaires du Kremlin, et donc sur sa capacité à maintenir et étendre son dispositif sur le continent.





































