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    Inflation au Sénégal : 1,2 % sur un an, mais 3 % de hausse des prix en trois mois

    L’inflation au Sénégal s’établit à 1,2 % sur un an en août 2026, selon la note mensuelle de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). Le chiffre est exact, mais il ne décrit pas l’été des ménages : entre mai et août, l’indice des prix a pris 3,0 %, dont 2,0 % sur le seul mois d’août. Les légumes-fruits frais ont augmenté de 33,9 % en un mois, les légumes feuillus de 26,9 %.

    L’inflation au Sénégal s’établit à 1,2 % sur un an en août 2026, selon la note mensuelle de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). Le chiffre est exact, mais il ne décrit pas l’été des ménages : entre mai et août, l’indice des prix a pris 3,0 %, dont 2,0 % sur le seul mois d’août. Les légumes-fruits frais ont augmenté de 33,9 % en un mois, les légumes feuillus de 26,9 %.

    Le glissement annuel compare août 2026 à août 2025. Or l’indice avait reculé au printemps : il valait 103,4 points il y a un an, il est tombé à 101,6 en mai et juin, puis il est remonté à 102,6 en juillet et à 104,7 en août. Sur un an, la hausse paraît modeste. Sur un trimestre, elle est deux fois et demie plus forte.

    L’alimentation porte l’essentiel du mouvement. Les « produits alimentaires et boissons non alcoolisées », qui pèsent 45 % du panier de l’ANSD, ont augmenté de 3,9 % en août et de 6,7 % en trois mois, alors qu’ils ne sont que 1,4 % plus chers qu’un an plus tôt. Pour les produits frais, l’écart est encore plus net : +8,7 % en trois mois, +1,9 % sur un an.

    L’agence attribue la flambée des légumes à la baisse de l’offre consécutive à la fin de la période maraîchère. Le mouvement dure depuis deux mois. En juillet déjà, les légumes-fruits frais avaient pris 26,2 % et les légumineuses vertes 21,9 %, selon la note de juillet de l’ANSD. En août s’y ajoutent les tubercules (+10,8 %), les fruits tropicaux (+11,2 %), le poisson réfrigéré ou congelé (+7,1 %) et la viande fraîche (+5,4 %). Le riz (-1,1 %), le pain et les biscuits (-1,8 %) ou le sucre (-0,4 %) reculent légèrement.

    Les relevés régionaux de l’ANSD donnent la mesure au marché. Entre juillet et août, le kilo d’oignon local est passé de 455 à 520 francs CFA à Dakar, de 460 à 567 francs à Kaolack et de 509 à 605 francs à Kolda. À Kolda, l’oignon importé a bondi de 468 à 649 francs le kilo. À Diourbel, la pomme de terre est montée de 510 à 627 francs, et à Dakar, le kilo de viande de bœuf avec os de 4 714 à 5 102 francs.

    Sur l’oignon, l’État a réagi à la fin du mois. Le ministère de l’Industrie et du Commerce a rouvert le 31 août l’importation aux opérateurs économiques pour réguler le marché. Au marché Gueule Tapée des Parcelles Assainies, le même média a trouvé des vendeurs divisés : deux assurent que les prix n’ont pas bougé et accusent les détaillants de spéculer, un troisième affirme que le sac d’oignon a atteint 14 500 francs CFA.

    La hausse d’août est aussi une hausse de carburant. Le gouvernement a relevé le 15 août le litre de supercarburant de 920 à 990 francs CFA et celui du gasoil de 680 à 755 francs, en invoquant la flambée des cours mondiaux après le conflit déclenché au Moyen-Orient le 28 février, selon l’Agence de presse sénégalaise (APS). Le ministère de l’Énergie et du Pétrole chiffre à plus de 245 milliards de francs CFA les subventions versées depuis janvier au seul secteur aval des hydrocarbures, rapporte SenTV.

    Dans l’indice d’août, les carburants gagnent 5,0 %, le transport routier de voyageurs 2,4 % et le billet d’avion 5,9 %. Le prix moyen relevé par l’ANSD pour le mois, 956 francs le litre de super et 719 francs le gasoil, se situe entre l’ancien et le nouveau tarif, puisque la hausse n’a joué que sur la seconde quinzaine.

    Deux jours après l’annonce, l’APS interrogeait des transporteurs à Dakar. « Nous nous en sortons difficilement déjà », disait Ama Gning, conducteur de moto de transport de passagers, qui craint de perdre des clients si les tarifs suivent. Aliou Sy, chauffeur de taxi, prévenait : « Nous gagnons déjà très peu, parce que les passagers se plaignent des tarifs du transport. »

    La géographie de la hausse n’est pas uniforme. Diourbel enregistre la plus forte progression mensuelle, +3,4 %, devant Thiès (+2,4 %) et Dakar (+1,8 %). Sur un an, Dakar affiche la plus forte hausse des six zones suivies, +1,9 %, quand Kaolack reste 0,2 % sous son niveau d’août 2025.

    La hausse est surtout domestique. Les produits locaux ont augmenté de 2,4 % en août, les produits importés de 0,4 %. Sur un an, les premiers sont 1,8 % plus chers, les seconds 0,6 % moins chers. L’inflation sous-jacente, hors énergie et produits frais, reste à 1,2 % sur un an, mais elle a pris 1,0 % sur le seul mois d’août.

    Le prochain indice dira si la poussée estivale de l’inflation au Sénégal était une parenthèse saisonnière ou le début d’autre chose. La note de septembre, que l’ANSD publie au plus tard le 10 du mois suivant, sera la première à intégrer un mois complet aux nouveaux prix à la pompe, et les premiers effets de la réouverture des importations d’oignon.

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