La SODECI a annoncé le 16 septembre une coupure d’eau à Yamoussoukro et dans les villages rattachés, causée par un incident électrique. C’est la septième interruption annoncée par le distributeur en seize jours en Côte d’Ivoire. Aucun de ces communiqués ne donne de durée ni ne nomme les quartiers touchés.
Mercredi 16 septembre, la Société de distribution d’eau de la Côte d’Ivoire a annoncé une perturbation de la desserte en eau potable à Yamoussoukro et dans les villages rattachés à la ville. La cause tient en une ligne : un incident technique survenu sur le réseau électrique.
Le communiqué relayé par L’Infodrome ne nomme aucun quartier. Il n’indique aucune durée. Il se termine par la formule que la SODECI emploie depuis le début du mois dans chacune de ses annonces : ses équipes sont mobilisées pour rétablir le service dans les meilleurs délais.
C’est la septième interruption annoncée par le distributeur en seize jours. Le 1er septembre, Abatta. Le 2, Bouaké et plusieurs localités voisines, après un incident à l’usine de production d’eau potable. Le 3, Daoukro et ses villages rattachés, cette fois pour un incident sur le réseau de distribution. Le 8 et le 9, Adzopé. Entre-temps, sept zones de Yopougon, puis Cocody et Bingerville, puis Abobo, Yopougon et Anyama dans la nuit du lundi au mardi. Aucune de ces annonces ne comporte de durée. Aucune ne dit ce qui est prévu pour les abonnés pendant la coupure.
Ces annonces ne se ressemblent pas toutes. Certaines préviennent : Abatta le 1er septembre, Adzopé pour les 8 et 9, sept zones de Yopougon. Les autres arrivent après coup, une fois les robinets déjà secs, et c’est le cas de Bouaké, de Cocody et Bingerville, et de Yamoussoukro. La différence compte pour un ménage, qui peut stocker dans le premier cas et pas dans le second. Elle compte aussi pour le régulateur, parce qu’une panne subie et une coupure programmée n’engagent pas le distributeur de la même façon.
À Yamoussoukro, la panne est d’un autre ordre que les précédentes. Elle ne vient pas d’une usine ni d’une canalisation, elle vient du courant. L’eau potable de la capitale politique ivoirienne dépend d’un réseau électrique qui a lui-même connu des interruptions programmées les 8 et 9 septembre dans la région du Bélier, voisine du district autonome. Quand l’un tombe, l’autre suit. Le distributeur d’eau n’a pas la main sur la cause de sa propre panne.
Cette dépendance est banale dans les systèmes d’adduction modernes, où le pompage et le traitement fonctionnent à l’électricité. Elle devient un sujet politique quand la chaîne n’a pas de secours. La question à poser à la SODECI et à la Compagnie ivoirienne d’électricité n’est pas de savoir pourquoi le courant est tombé, mais pourquoi une station qui alimente le siège des institutions ne dispose pas d’une alimentation de repli capable de tenir le temps de la réparation.
Elle vaut aussi pour la suite. Un abonné de Yamoussoukro qui ouvre son robinet ce matin ne sait ni quand l’eau reviendra, ni s’il sera facturé pour les jours sans service, ni auprès de qui réclamer. Aucun des communiqués de septembre ne mentionne le régime applicable en cas d’interruption.
Le reste du pays connaît des épisodes plus durs. À Man, une pénurie d’eau potable a été enregistrée. À Grabo, dans le sud-ouest, l’Agence ivoirienne de presse a rapporté la colère des habitants devant des coupures permanentes d’eau et d’électricité. Yamoussoukro n’est pas un cas isolé, elle est le maillon le plus visible d’une série.
Reste à savoir quand l’eau reviendra, quels quartiers auront été les plus longtemps privés, et ce que dira la CIE sur l’incident électrique, qu’elle n’a pas commenté.
Sources : L’Infodrome, AIP.
Œil d’Afrique




































