Battus par le Cameroun puis par le Rwanda à Tunis, les Léopards de la RDC abordent leur dernier match de groupe à la CAN de volley-ball 2026 sans marge. La fédération n’a publié ni le budget du déplacement ni la durée de la préparation, ce qui rend impossible toute lecture du niveau réel de cette sélection.
Le Rwanda a battu la République démocratique du Congo trois sets à un, mercredi 16 septembre au Palais des sports d’El Menzah, à Tunis. Les partiels disent l’écart mieux que le score : 25-22, 21-25, 25-21, 25-20. Un set gagné, trois perdus de justesse, aucun renversement.
La veille, les Léopards avaient ouvert leur vingt-cinquième Coupe d’Afrique des nations par une défaite trois à zéro devant le Cameroun. Deux matchs, deux défaites, et un groupe D que la presse congolaise annonçait dès le tirage comme le plus relevé de la compétition. Il ne reste qu’une rencontre, contre la Centrafrique, et une seule issue possible pour continuer.
Dix jours plus tôt, le discours était différent. « Nous ne partons pas comme des perdants, mais pour faire un bon résultat et ramener une médaille », déclarait Francis Kabangu à Actualite.cd le 10 septembre. Steve Kabongo, qui dispute sa première CAN, racontait à la même rédaction avoir fait de sa non-sélection en 2021 une source de motivation. Salasala Luamba, à son deuxième tournoi continental, parlait d’une qualification au Mondial qui serait une première pour le pays.
Entre ces déclarations et El Menzah, il y a eu quatorze joueurs, un sélectionneur, Eric Ngapeth, et un départ pour la Tunisie annoncé le 10 septembre. Le tournoi a commencé le 13. Ce que la Fédération congolaise de volley-ball n’a pas rendu public, c’est le nombre de jours de préparation collective dont cette sélection a disposé avant de jouer le Cameroun, le budget engagé pour le déplacement, et le calendrier des matchs de préparation, s’il y en a eu.
La question n’est pas rhétorique. En s’en tenant aux faits publiés, il est impossible de dire si les Léopards ont perdu parce qu’ils sont moins forts que le Cameroun et le Rwanda, ou parce qu’ils sont arrivés à Tunis sans le temps de jeu nécessaire. La fédération est la seule à pouvoir trancher, et elle ne l’a pas fait.
L’enjeu dépasse le classement continental. Cette vingt-cinquième édition, organisée à Tunis du 13 au 26 septembre, sert de tour qualificatif pour le championnat du monde. Une qualification serait une première pour le pays, selon les termes employés par Salasala Luamba avant le départ. Sortir du groupe D était la condition d’entrée. Avec deux défaites, cette condition dépend maintenant du résultat des autres.
Le contexte congolais ne plaide pas pour l’hypothèse la plus flatteuse. Début septembre, les Léopards dames ont terminé onzièmes du championnat d’Afrique des nations de volley-ball, après une défaite devant le Nigeria qui les a renvoyées à la place de onzième-douzième contre la Zambie. Deux sélections nationales, deux tournois continentaux, aucune dans le premier tiers.
L’état des équipements donne la mesure du reste. La liste des stades homologués par la Confédération africaine de football, mise à jour le 14 septembre, retient 120 enceintes dans 41 pays. Le Maroc en compte dix-huit, l’Afrique du Sud treize, l’Algérie et l’Égypte huit chacune. La RDC en aligne trois : le Stade des Martyrs à Kinshasa, le stade du TP Mazembe et le stade Frédéric Kibassa Maliba à Lubumbashi. Il s’agit de football, pas de volley-ball, mais l’ordre de grandeur est le même d’une discipline à l’autre, et le volley congolais dispose de moins encore.
Les Léopards joueront la Centrafrique pour sauver leur tournoi. C’est le match dont ils ont le plus de chances de sortir vainqueurs, et celui qui dira le moins de choses sur leur niveau réel.
Œil d’Afrique




































