Connect with us

    Bonjour, que recherchez-vous ?

    Oeil d'Afrique
    Oeil d'AfriqueOeil d'Afrique

    À la Une

    Grève du SAMES au Sénégal : deuxième arrêt de 48 heures en dix jours, en pleine épidémie de diphtérie

    Les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du secteur public sénégalais terminent ce jeudi 17 septembre 2026 leur deuxième grève de 48 heures en dix jours. La grève du SAMES au Sénégal ne laisse assurées que les urgences dans les structures publiques de santé, et la rencontre programmée le 7 septembre entre le syndicat et le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique s’est arrêtée avant d’avoir commencé.

    Entrée du centre hospitalier Abass Ndao à Dakar, hôpital public, illustration de la grève du SAMES au Sénégal
    Centre hospitalier Abass Ndao, Dakar, archive mai 2026 · 4MAPS, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

    Les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du secteur public sénégalais terminent ce jeudi 17 septembre 2026 leur deuxième grève de 48 heures en dix jours. La grève du SAMES au Sénégal ne laisse assurées que les urgences dans les structures publiques de santé, et la rencontre programmée le 7 septembre entre le syndicat et le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique s’est arrêtée avant d’avoir commencé.

    Le mot d’ordre a été arrêté le 10 septembre, en session extraordinaire du Bureau exécutif national du Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal. Le communiqué, signé par son secrétaire général national, le Dr Diabel Dramé, juge la mobilisation des 8 et 9 septembre « massive, disciplinée et exemplaire » et dénonce, selon Seneweb, « le silence coupable de l’État du Sénégal : aucun engagement vérifiable, aucune ouverture sérieuse de dialogue ». Le texte se termine, sur trois phrases courtes : « Le SAMES est déterminé. Le SAMES est uni. Le SAMES ne cédera pas. »

    Dans une note publiée le 15 septembre, le syndicat a appelé ses membres à une participation « active et massive ».

    Les deux camps racontent différemment la journée du lundi 7 septembre. Dans un communiqué du lendemain transmis à l’APS, le ministère explique avoir réuni une délégation de haut niveau, avec le secrétaire général, le directeur de cabinet et les directeurs concernés, pour examiner la plateforme revendicative. La délégation du SAMES, qui exigeait la présence du ministre dès l’ouverture, s’est retirée avant le début des échanges. Le ministre, retenu par « d’autres obligations liées à l’exercice de ses fonctions », avait promis de rejoindre la séance avant sa fin, selon le même texte.

    Le ministère a dit regretter que cet espace de concertation « n’ait pu être mis à profit » et affirme son « entière disponibilité à reprendre les échanges dans les meilleurs délais ». Le SAMES a lu la scène autrement. « Le Sames refuse d’être associé à un simulacre de dialogue social », répondait son bureau exécutif dans le communiqué qui maintenait la grève des 8 et 9 septembre.

    Le 9 septembre, deuxième jour du premier arrêt, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, lançait un projet triennal de 24,6 millions de dollars du Pandemic Fund, destiné à la prévention, à la préparation et à la riposte face aux urgences sanitaires.

    Le dossier est antérieur à l’alternance de 2024. Lors de sa conférence de presse du 31 août, au siège de la CNTS à Dakar, le Dr Dramé a rappelé que la négociation ouverte en 2023 avec le régime précédent avait été interrompue au premier trimestre 2024, puis que le syndicat avait accordé une « période de grâce » aux nouvelles autorités et participé, sous l’égide de sa centrale, à l’élaboration du Pacte de stabilité sociale conclu le 1er août 2025. Son préavis de grève a expiré le 9 août 2026.

    Ce que réclament les praticiens tient en deux blocs. Le premier concerne leur carrière : un statut particulier pour le corps médical, le recrutement obligatoire des praticiens appelés à servir dans le public, le relèvement à 40 ans de l’âge de la titularisation, l’avancement systématique et une pension de retraite portée à 80 % du dernier salaire. Le second concerne l’hôpital : un établissement public de santé de niveau 2 dans chaque département, des scanners et des IRM dans chaque région, des ambulances adaptées, des laboratoires qui fonctionnent et un réseau de maintenance hospitalière. Le syndicat dénonce aussi les affectations sans remplacement et demande l’application intégrale des accords de 2022.

    « Chaque jour qui passe sans réponse est un jour de plus durant lequel les médecins qualifiés envisagent de quitter le secteur public », avait averti le secrétaire général.

    La grève tombe au milieu d’une épidémie que le ministère suit semaine après semaine. Le 4 septembre, il comptait 34 cas confirmés de diphtérie et six décès depuis le premier cas, confirmé le 1er août. Son point arrêté au 13 septembre en recense 76 cas et neuf décès, dans 24 districts sanitaires de 11 régions. La région de Kédougou en concentre 28, devant Dakar, 12, dont sept à Guédiawaye.

    La riposte annoncée par le ministère comprend la prise en charge des malades, la recherche des personnes contacts, une vaccination de rattrapage des enfants non ou mal vaccinés, et un appel aux familles à consulter dès les premiers signes. « La vaccination protège. La consultation précoce peut sauver des vies », rappelait le ministère dans son communiqué du 4 septembre.

    Pour sortir de la grève du SAMES, syndicat et ministère disent chacun vouloir négocier. Le ministère se déclare prêt à reprendre les échanges « dans les meilleurs délais ». Le SAMES réclame, depuis le 31 août, des « interlocuteurs décisionnaires, un agenda clair et des engagements contraignants ».

    Œil d’Afrique

    Lire aussi

    Ils font l'actu

    Le 29 juin 2026, Francine Ntoumi a été élue secrétaire générale de l'Académie africaine des sciences pour un mandat de trois ans, avec 119...

    Economie

    Le Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d'Ivoire (SYNAP-CI) a annoncé le mercredi 16 septembre 2026 le dépôt d'un préavis de grève...

    À la Une

    Le prix du carburant en Afrique a suivi un baril passé de 72 à plus de 105 dollars depuis fin février. De mars à...

    Economie

    L'inflation au Sénégal s'établit à 1,2 % sur un an en août 2026, selon la note mensuelle de l'Agence nationale de la statistique et...